Qui était Pierre Marie ?

L’HOMME

Pierre Marie, l’un des plus grands neurologues français du XIXe-début du XXe siècle, avec Duchenne et Charcot1,2, était unique pour ses qualités de pathologiste, neurologue, chercheur, écrivain, éditeur et enseignant exceptionnel. Il défendait ses idées avec passion, toujours attaché à l’intégrité, recherchant obsessionnellement la vérité.

Enfant unique d’une famille aisée, Marie reçoit une excellente éducation classique, maîtrisant le latin et le grec. Il est entré à l’École de médecine de Paris après avoir exaucé le souhait de son père – un diplôme de droit 3,4,5. Ses traits forts et autoritaires contrastaient avec sa taille moyenne. Les cheveux gris coupés en carré et la barbe pouvaient donner à ce médecin agréable et affable un faux air snob (figure 1); cependant, il avait un esprit profond, brillant et perspicace 1. Il considérait le café comme désagréable, sirotait de petites doses de liqueur de prune avec délectation et roulait toujours ses propres cigarettes. Marie a appris la religion et a développé un goût pour les arts, devenant une grande collectionneuse de sculptures, de tapisseries, de meubles et de peintures. Il aimait le golf, l’escrime et excellait dans la chasse.

Figure 1. Docteur Pierre Marie, 1889. Extrait de: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/84/Docteur_Pierre_Marie.jpg.

Diplômé en 1883, il devient chef de clinique de Charcot jusqu’en 1885. Charcot a été impressionné par les dons uniques d’observation et de discernement de Marie, en plus de son incroyable précision dans le diagnostic de maladies obscures. Ce brillant clinicien arrêtait parfois son chauffeur juste pour recommander un traitement à un passant 4.

Le dégoût que Marie éprouvait pour Jules Déjerine a donné lieu à un épisode dramatique3. En 1892, enragé par les paroles dures et grossières publiées contre lui par Marie, Déjerine envoie des messagers chez Marie pour lui demander soit de rétracter ses déclarations, soit de fixer une heure et un lieu pour un duel. Marie a répondu par une lettre niant toute atteinte à l’intégrité scientifique de Déjerine, de sorte que le duel n’a jamais eu lieu au-delà de leur différend sur la localisation de l’aphasie dans le cerveau. Notwithstanding, shortly after Marie took over the Chair of nervous system diseases at La Salpêtrière following Déjerine’s death (1917), he advised Déjerine’s wife – Augusta Déjerine Klumpke – that she had 14 days to leave La Salpêtrière with all Déjerine’s staff and students3.

The work-addicted Pierre Marie and Édouard Brissaud founded the Revue Neurologique (1893) and the Société de Neurologie de Paris (1899)6. La plupart de ses contributions ont eu lieu entre sa nomination à l’Hospice de Bicêtre en 1897 (Figure 2) et 1907, lorsqu’il a accepté le poste de Président de la Chaire d’anatomopathologie de l’école de médecine, révolutionnant les méthodes d’enseignement jusqu’ici1. La clinique de neurologie de renommée mondiale Marie établie à l’Hospice a attiré des médecins de France et de l’étranger, parmi lesquels le jeune médecin brésilien Aloysio de Castro, qui a écrit: « C’était en 1906. Huit heures du matin, 211 boulevard Saint Germain, et là j’étais en calèche en route pour l’ancien Hospice de Bicêtre, à côté de Pierre Marie. Arrivé au service, où attendaient déjà ses assistants principaux et des médecins étrangers, il n’a pas perdu de temps, prenant son manteau et se dirigeant vers le laboratoire le plus proche. Enfilant ses lunettes, le cerveau à la main, il a simplement mentionné :  » J’étais stagiaire de Broca, assistant de Charcot, mais je nie fermement (…) l’existence d’un centre d’aphasie au pied de la troisième circonférence frontale gauche… »7. Marie avait beaucoup publié sur les aphasies, rejetant les vues de Broca et de Wernicke sur la localisation des langues.

Figure 2. Kremlin-Bicêtre l’Hospice. Paris, 1906. Extrait de: http://www.leplaisirdesdieux.fr/LePlaisirDesDieux/NosAncetresLesInternes/Hopitaux/bicetre/bicetre1.jpg

Il convient de mentionner que de retour au Brésil, Aloysio de Castro a créé la première clinique-école ambulatoire du pays8 et a publié le livre « Tractado de Semiótica Nervosa » en 19149, le premier livre brésilien consacré à la neurosémiotique, introduisant l’étude formelle de ce sujet au Brésil.

Le neuropathologiste Gustave Roussy, assistant de Marie, écrit :  » Non seulement il était indéniablement autoritaire jusqu’à l’intransigeance et à l’orgueil, mais il aimait appliquer les idées qu’il développait, ne serait-ce qu’au cours d’une discussion, auxquelles il apportait des compétences formidables « 10. Le neurochirurgien américain Percival Bailey a déclaré: « Je me souviens de lui comme d’un vieux monsieur digne. Il n’est que rarement entré dans les salles et jamais dans le laboratoire. Il était à son meilleur dans la consultation clinique au cours de laquelle sa discussion était courte et lapidaire. Son enseignement était toujours simple et clair  » 5.

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